Quand le corps impose une pause et que la tête n’est pas d’accord

Ces dernières semaines, chez nous, les articulations ont décidé de prendre toute la place.

Mon genou d’un côté. La hanche d’Alain et sa prothèse de l’autre.

Deux coachs habitués à bouger, travailler, accompagner les autres.. qui doivent maintenant accepter de ralentir.

Disons que la patience fait partie du programme. Et que nous avons encore une bonne marge de progression. 😅

Avant mon opération, je m’étais pourtant fait un joli planning : lire, avancer sur mes projets, prendre du temps pour toutes ces choses que je repousse habituellement.

Sur le papier, c’était magnifique.

Dans la réalité, je me suis aussi retrouvée sur mon canapé, avec mille idées dans la tête et aucune envie d’ouvrir mon ordinateur.

Moi qui cours entre la Baby Rescue, Muratum, mes chiens et mes projets au Kenya, je devais réfléchir à la manière de transporter un shake de proteines avec des béquilles.

Ça remet quelques choses en perspective.

Et puis il y a cette petite voix : « Avec tout ce temps, tu pourrais quand même faire quelque chose d’utile. »

Comme si récupérer devait aussi devenir une compétition.

La volonté ne décide pas de tout

J’aime bouger, travailler, créer et sentir que les choses avancent. Attendre est beaucoup moins naturel pour moi.

Alors, quand le corps impose son rythme, ça frotte.

On veut déjà être à l’étape suivante. Marcher normalement. Retrouver son autonomie. Reprendre ses habitudes et ses entraînements.

On compte les semaines. On aimerait accélérer le calendrier. On compte combien de piqueres pour la thrombose on doit encore s’injecter.

Avec Alain, nous traversons cette période en même temps, avec deux opérations différentes et des étapes de récupération propres à chacun. Nous avons chacun à retrouver nos repères dans un quotidien qui demande soudain beaucoup plus d’organisation.

On connaît l’importance de respecter la récupération. Nous le rappelons à nos clients.

Le vivre soi-même donne une autre dimension à ces mots.

Mon genou et sa hanche ont leur propre planning. À nous d’apprendre à le respecter.

« Avant, j’arrivais à faire ça »

À Muratum, nous rencontrons régulièrement des personnes qui ont interrompu le sport.

Une blessure. Une opération. Une maladie. Une période de travail intense. Des responsabilités familiales qui prennent toute la place.

Puis les semaines passent et le retour paraît de plus en plus compliqué.

« J’ai perdu mon rythme. »

« Avant, j’étais beaucoup plus en forme. »

« Je vais attendre de retrouver un peu de condition avant de revenir. »

Aujourd’hui, je comprends encore mieux ce qui peut se cacher derrière ces phrases.

Il y a parfois la peur d’avoir mal. La frustration de se sentir limité. La déception de ne plus pouvoir faire quelque chose qui semblait facile auparavant. Style, ma victoire aujourd’hui serait de marcher avec tout mon corps appuyé et pas seulement 15Kg sur une jambe.

Et cette comparaison permanente avec soi-même.

Revenir dans une salle, c’est accepter de partir de sa situation actuelle. Ça peut toucher à la confiance, à l’autonomie, à l’image qu’on a de soi.

Ce premier pas mérite déjà d’être reconnu.

Apprendre à voir les petites étapes

De mon côté, j’essaie de donner de la valeur à des choses beaucoup plus petites.

Une tâche terminée. Un moment dehors. Demander de l’aide. Respecter les consignes de récupération, même les jours où j’en ai franchement marre.

Avec Alain, nous aurons chacun nos étapes à franchir. L’enjeu sera de laisser à l’autre le temps dont il a besoin, et de nous accorder cette même patience à nous-mêmes.

Certaines journées se passent bien. D’autres beaucoup moins.

J’apprends à laisser une place aux deux.

Pour l’entraînement aussi, le point de départ doit tenir compte de la réalité du moment. Après une opération ou une blessure, la reprise se construit avec les indications du médecin et du physiothérapeute. Le coach peut ensuite accompagner le retour dans ce cadre.

Les charges, le rythme et les objectifs peuvent évoluer. On avance à partir de ce qui est possible aujourd’hui.

Vous pouvez venir comme vous êtes

C’est ce que j’aimerais rappeler aux personnes qui hésitent à revenir chez nous.

Vous pouvez nous dire que vous avez peur. Que vous êtes frustré. Que vous avez perdu confiance ou que vous ne savez plus par où commencer.

Nous avons besoin de connaître cette réalité pour vous accompagner.

Aujourd’hui, Alain et moi sommes aussi de ce côté-là : celui où l’on doit accepter de l’aide, suivre des consignes et laisser du temps au corps.

L’expérience nous donne encore plus de raisons d’être attentifs à ce que vous vivez lorsque vous poussez la porte de Muratum.

Alors, si vous traversez une pause imposée ou que vous repoussez votre retour depuis des mois, venez en parler avec nous.

On prendra le temps de voir où vous en êtes et de construire la suite à partir de là.

En attendant, chez nous, on continue à travailler la patience. Pour les PR, on verra plus tard. 😉

C’est déjà un bel PR elargir la competence de la patience.

Vicki 🦁

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